Conduire un autobus l’hiver: des défis bien réels
L’hiver transforme la route. Les conditions changent vite et les réflexes doivent suivre.
Pour les chauffeurs d’autobus, la saison froide demande plus d’anticipation, plus de patience et une vigilance constante. Pour mieux comprendre cette réalité, on fait le point avec Éric Bellemare, superviseur administratif en sécurité routière et formation à la Direction Exploitation.
Des conditions qui compliquent le quotidien
« Ce n’est pas tant la neige le problème. Ce sont surtout les épisodes de redoux suivis de froids intenses qui rendent la chaussée très glissante », précise Éric.
Certains axes, comme le boulevard Taschereau, sont particulièrement exigeants. Les intrusions de véhicules dans les voies réservées y sont fréquentes et, en hiver, l’allongement des distances de freinage réduit les marges de manœuvre. À cela s’ajoutent les rues rétrécies par le déneigement, la machinerie et les bancs de neige, qui compliquent la circulation.
« Un autobus ne réagit pas comme une voiture, explique Éric. Son poids et sa longueur influencent la conduite. Les chauffeurs doivent prévoir leurs manœuvres à l’avance et éviter les mouvements brusques. »
En temps normal, l’horaire est respecté de façon très précise. Mais en hiver, il n’y a jamais de pression sur les chauffeurs pour « rattraper » le temps perdu. La priorité demeure toujours la sécurité.
L’importance de la formation, de la prévention et de la coordination
Pour mieux s’adapter aux réalités hivernales, la formation joue un rôle clé. Depuis 2023, les chauffeurs peuvent s’exercer sur un simulateur qui reproduit différents types de chaussée et suivre des modules sur la conduite préventive et l’éco-conduite. L’objectif : offrir une expérience toujours plus fluide, sécuritaire et confortable pour les passagers.
Assurer la sécurité sur les routes demande un travail de coordination constant. Le centre de contrôle, les superviseurs sur le terrain, les équipes aux terminus et les chauffeurs partagent l’information en continu. « Chaque accident, événement ou situation est répertorié et analysé afin d’entreprendre les ajustements nécessaires et, ultimement, améliorer notre bilan routier », ajoute Éric.
Les bons gestes à adopter
Les usagers ont, eux aussi, un rôle à jouer. Quelques habitudes simples peuvent faire une réelle différence pour réduire les risques et faciliter les déplacements :
- Arriver à l’arrêt au moins cinq minutes à l’avance.
- Éviter de courir après un autobus sur une chaussée glissante.
- Prévoir des délais supplémentaires et, au besoin, partir plus tôt.
- Garder ses distances autour de l’autobus, surtout près des trottoirs.
Conduire l’hiver, c’est s’adapter aux conditions, anticiper les imprévus et poser les bons gestes pour que chaque déplacement se fasse en toute sécurité.